Bâtiments

Efficace, flexible et productif, le smart building Technopole modèle de demain ?

Sélectionné parmi 83 concurrents en France, le Technopole de Schneider Electric à Grenoble, construit par le promoteur GA Smart Building et mis en œuvre par le cabinet d’ingénierie Artelia, a été récompensé par le Prix des Green Solutions Awards dans la catégorie Smart Building, décerné par le réseau Construction21 en France. Et à l’échelle européenne, le bâtiment a également été distingué en obtenant la deuxième place de la compétition internationale le 6 décembre à l’occasion de la COP24 à Katowice en Pologne.

Pouvez-vous décrire le Technopole ? Quels sont ses points forts ?

Olivier Cottet, Marketing and Channels Director Energy Analytics pour Schneider Electric – Le Technopole est constitué de deux bâtiments : un immeuble de laboratoires et un bâtiment tertiaire. C’est précisément celui-ci que Construction21 a récompensé. Il a été construit sur le site historique de Merlin Gerin et il réaffirme l’attachement de Schneider Electric au territoire grenoblois. Le Technopole est un smart building parce qu’il est un bâtiment efficace, qui participe à l’optimisation de ses coûts de fonctionnement. Il est un bâtiment flexible, qui s’intègre dans son écoquartier. Il est aussi un bâtiment productif, qui contribue à la performance de l’activité qu’il héberge, en l’occurrence le travail des collaborateurs. Pour nous, le bien-être des usagers du bâtiment est essentiel. Les échanges entre collaborateurs sont fluidifiés et le confort est optimisé, piloté très finement. Les 11 000 m2 de superficie de l’immeuble de bureaux sont en effet divisés en 150 zones, chacune gérée individuellement.

 

Olivier Foujols, Directeur de projets pour GA Smart Building – Le projet Technopole est remarquable, en particulier sur les exigences de performance énergétique. L’objectif de consommation d’énergie totale, incluant le chauffage, l’éclairage et la ventilation évidemment, mais aussi tous les autres usages du bâtiment, dépasse de loin les réglementations. Il est de 45 kWh par an et par m2, tous usages confondus (hormis la cuisson) Schneider Electric ambitionne en effet de diminuer significativement l’empreinte carbone de son patrimoine immobilier et de réduire de 40 % sa consommation d’énergies et ses émissions de CO2 d’ici 2030. Pour atteindre ces performances exceptionnelles, Schneider Electric a choisi de faire du Technopole une vitrine de son savoir-faire et d’exploiter dans le bâtiment ses propres solutions actives. Véritable « living lab », le Technopole lui servira aussi à expérimenter ses nouvelles solutions digitales. Nous sommes fiers de contribuer à ces performances en tant que constructeur du Technopole. Schneider Electric nous a choisis, GA, après un appel d’offres avec un Contrat de Performance Energétique, en garantie de résultat. Dans cette perspective, l’utilisation du BIM était la solution appropriée et incontournable.

 

En quoi l’utilisation d’une maquette numérique pour la conception du Technopole était exceptionnelle ?

Stéphane Boarini, Responsable de l’agence Bâtiment industrie d’Artelia à Grenoble – Ce n’est pas une simple maquette. Le projet a été réalisé en « Full BIM ». La maquette digitale du bâtiment a donc été créée avec tous les composants, les objets numériques et la description de chacun, les paramètres fonctionnels et les éléments de dimensionnement… Ce n’est pas une première pour GA Smart Building, qui exploite déjà le Full BIM avec ses solutions dans le cadre de ses réalisations. Mais parce que le projet utilise les systèmes actifs de Schneider Electric, GA a choisi de nous associer au projet. Concrètement, Schneider Electric a demandé de « construire » trois bâtiments identiques : le Technopole grandeur nature, la maquette numérique ″Tel Que Construit″ (TQC), en optimisant le niveau de définition pour ensuite faire évoluer cette modélisation en maquette du bâtiment ″Tel Que Maintenu″ (TQM). Avec Schneider Electric et GA Smart Building, nous avons réalisé plusieurs ″auto-évolutions″, pour rapprocher les performances du bâtiment et celles de sa maquette au fil des phases de conception, de construction et de commissionnement. L’objectif ? Vérifier que les performances du bâtiment ne dévient pas des ambitions affichées par le Technopole. Pas si simple, car il y a une réelle difficulté de concordance de la maquette face aux réalités du chantier de la construction. Le troisième bâtiment est le ″modèle énergétique″, lui-même issu de la maquette numérique, qui sert à suivre le fonctionnement du bâtiment lors de la phase exploitation.

Le Technopole a été livré. Comment se déroule la phase d’exploitation ?

Olivier Cottet – Comme Olivier Foujols l’a expliqué, notre projet prévoyait que le constructeur sélectionné s’engage sur le suivi énergétique du Technopole durant la première année d’exploitation. Cette phase s’achève en janvier prochain et nous avons déjà des premiers résultats très prometteurs. Artelia et GA Smart Building font un travail remarquable, main dans la main avec Schneider Electric. Ils comparent régulièrement les consommations réelles de chaque usage (bureaux, restauration…) mesurées à partir de capteurs et de compteurs (qui chacun relève 5 à 10 data à chaque minute) avec les simulations du modèle énergétique, paramétré avec les informations de l’usage réel, tel que l’occupation des locaux, ou les conditions météorologiques. Ils analysent les écarts et adaptent les solutions si nécessaire pour faire correspondre maquette et réalité. Cette méthode porte ses fruits : à la mise en service en janvier 2018, le Technopole consommait 90 kWh par an et par m2, ce qui est déjà une bonne performance. A mi-année, les consommations d’énergie passaient sous la barre de 55 kWh par an et par m2 et en octobre dernier, nous avons atteint un record : seulement 30 kWh par an et par m2 !

 

Stéphane Boarini –Le temps particulièrement clément cet automne a diminué les besoins en énergie. Mais ce résultat constitue néanmoins un bon indicateur, montrant que les exigences de performance énergétique inférieure à 45 kWh par an et par m2 pour la totalité des usages sont atteignables. C’est un signe encourageant pour le futur des smart buildings, capables d’optimiser leur consommation au fil des données recueillies.

 

Olivier Foujols – Notre démarche commune d’excellence et d’optimisation systématique en phase d’exploitation a très certainement contribué à l’attribution des Green Solutions Awards au niveau France pour le Technopole. Sans compter en plus l’engagement d’insertion professionnelle porté par ce projet, avec la volonté de fournir plus de 3 000 heures de travail à des personnes en situation de précarité. La réalisation du Technopole représente un exemple rare de coopération sur le long terme entre un maître d’œuvre et un maître d’ouvrage, qui a reçu le prix spécial du Jury international des Green Buildings Awards, dans la catégorie Smart Building, le 6 décembre lors de la COP24. Le projet l’a mérité !

 EcoStruxure au cœur du Technopole

Certifié LEED Platinium, le Technopole est un immeuble smart grid ready, qui s’intégrera dans l’écoquartier de la Presqu’ile technologique grenobloise. Il s’appuie sur les technologies du bâtiment connecté et de son environnement de Schneider Electric : EcoStruxure Building et EcoStruxure Grid.

EcoStruxure Building combine des innovations sur trois niveaux :

  • Des produits connectés (contrôleurs, capteurs, appareils de mesure, tableaux électriques…)
  • Le contrôle de pointe (gestion de l’énergie, de la sécurité, des éclairages…)
  • EcoStruxure Facility Advisor est un ensemble de services logiciels pilotés pour améliorer l’exploitation du bâtiment.

EcoStruxure Grid optimise le réseau d’énergie. Les usages pourront décaler leurs consommations dans le temps, pour mettre les capacités d’effacement de Technopole à la disposition du quartier.

 


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