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Le data center au cœur de l’économie numérique

Nous sommes entrés dans l’ère de la consommation à l’usage grâce aux nouvelles technologies. La donnée est devenue digitale, universelle et exponentielle. Après les hommes (près de 3,2 milliards d’habitants sur la planète se sont connectés à Internet en 2015), Internet est en train d’interconnecter les objets mais également les hommes aux objets, tout ce monde échangeant des données aux travers des réseaux toujours plus puissants et consommateurs de bande passante. L’Internet Of Everything (IOE) est partout et s’intègre à notre sphère privée comme à notre vie professionnelle. Dans cette économie des usages où le contrôle et le traitement de la donnée est devenu capital, quel est le rôle du data center ?

Brique essentielle sur laquelle se construit notre nouvelle économie, le data center va permettre de stocker, sécuriser et restituer les données 24h/24 et 7j/7 et les rendre disponibles de la manière la plus fluide possible. Mais quel data center pour quel modèle économique ? Y aura-t-il un « data center type » construit par les Géants de l’Internet capable d’englober tous les besoins ? Des data centers disséminés chez les particuliers pour constituer un « méta datacenter virtuel » noyé dans les diverses géographies ?  Un mix de tout cela ? Aucune certitude mais certains éléments permettent d’ores et déjà d’envisager la cartographie de nos data centers en 2030.

Constat : la nouvelle économie de la « data » n’est pas uniforme !

Entre une application autour d’objets connectés (capteurs, compteurs, automates) qui renvoient une quantité restreinte de données afin de mieux piloter un site de production et un usager qui se connecte via un smartphone à la ville intelligente de demain pour connaître l’état du trafic routier, les besoins ne sont pas les mêmes. Certains usages nécessiteront plus de bande passante, un niveau de sécurité plus élevé, une distance à parcourir plus longue. D’autres, des données gérées et regroupées localement puis envoyées vers de plus gros data centers pour en assurer un traitement intelligent. Les data centers de 2030 seront donc multiples, à géométrie et géographie variables mais dotés de fondamentaux identiques sur l’ensemble des architectures :

  • Ils seront conçus de manière éco-responsable, intégrés dans l’écosystème de leur lieu d’implantation
  • Ils seront de plus en plus modulaires afin de coller au modèle économique du « as a service »
  • Flexibles et évolutifs pour suivre les nombreuses ruptures technologiques du secteur des TIC
  • Robustes et résilients afin de garantir la disponibilité et la sécurité des données hébergées
  • Leurs architectures seront simplifiées et standardisées pour faciliter au maximum leur exploitation.
  • Enfin ils seront de plus en plus automatisés afin de traiter efficacement l’ensemble des informations permettant d’assurer leur fonctionnement

À partir des cette trame commune, des scénarii se dessinent pour 2030 :

1/ Les « méga » data centers construits par les géants de l’Internet vont continuer à se développer pour accompagner l’énorme potentiel autour de la monétisation de la data. Ils continueront à porter des technologies de ruptures comme les « data centers conteneurs » immergés au fond d’un lac pour bénéficier d’un refroidissement naturel ou la construction « d’îles artificielles data center » équipées de centrales de production d’électricité marémotrices, autonomes en énergie totalement décarbonée.

2/ Portés par des hébergeurs et opérateurs cloud & télécoms, des campus de data centers vont permettre de poursuivre le déploiement d’infrastructures consolidées dans les principales capitales mondiales. Ces data centers iront vers plus de standardisation et de sobriété énergétique avec des solutions pour réduire l’impact énergétique lié au refroidissement et à la distribution de l’énergie.

3/ Des infrastructures data centers mutualisées au sein du secteur public pour relever le défi de la transformation numérique. La volonté forte de développer « l’open data » et de sécuriser les données très sensibles pousse certains acteurs publics à vouloir conserver leurs données chez eux. L’atteinte d’une taille critique sera nécessaire et conduira à la mutualisation de ressources pour la construction et l’opération de data centers de taille moyenne partagés par des acteurs publics d’horizons différents (Universités, villes, Hôpitaux, Collectivités territoriales, Education nationale…). Des data centers exemplaires sur le plan environnemental qui offriront un nouveau modèle de gouvernance.

4/ De petits et moyens data centers régionaux, pour soutenir localement la transformation numérique des TPE, PME et ETI. Portés majoritairement par des Entreprises du Secteur Numérique, ils permettront de construire des offres à forte valeur ajoutée (cloud régional, Offres SAAS régionale…) et poseront les bases de futures « zone numériques ». Agiles, peu énergivores, ils ne souffriront aucun compromis technique à des niveaux de performance équivalents. Leur conception ultra-modulaire leur donnera un avantage certain sur la performance énergétique. Ces data centers de proximité seront de véritables concentrateurs permettant également d’agréger localement les données produites par l’IoE.

5/ Des micro datacenters, pour accompagner l’internet des objets (IoT) et les besoins liés à « l’Edge Computing ». L’ère du tout connecté sera en plein boum en 2030 et afin d’accompagner au plus près ces nouveaux usages, des « data center in a box » vont se déployer un peu partout. Ils permettront de traiter les opérations de bases (regroupement, stockage, sécurisation des données) en améliorant les temps de latence et en désengorgeant les autoroutes de l’information. Ils joueront également le rôle de relais, connectés à de moyens data centers régionaux ou à de plus gros au niveau national ou mondial.

Petits, moyens ou gros, les data centers de 2030 participeront activement au smartgrid, en permettant de consommer et stocker de l’énergie en période creuse, pour mieux s’effacer du réseau lors des pics de consommation. Ils seront plus intelligents aussi par leur mix énergétique. Cette intelligence devra être collective pour garantir très en amont une réflexion d’ensemble permettant d’exploiter tous les atouts de la performance énergétique. Le train du « Data center As A Service » est désormais sur les rails, prêt à nous transporter vers un futur numérique déjà bien présent.


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